Essais

“La Chose Perdue” (© 2018 Till Schaap Edition, Bern)

(…) En définitive, aussi bien l’expérience de travail en collaboration avec Catherine que l’admiration pour son œuvre m’ont confirmé une fois de plus que les arguments auxquels nous recourons, en tant qu’artistes ou architectes, pour stimuler, produire, décrire, justifier une œuvre ou lui donner un sens, sont indispensables et, simultanément, fixent leurs propres limites et ne garantissent pas en dernière instance leur sens et leur valeur intrinsèque. Nous savons cependant qu’eu égard à leur signification ultime, l’art comme l’architecture partagent le mystère de l’ineffable. Ceci est particulièrement vrai pour l’œuvre de Catherine Bolle. Son sens et sa force sont intensément visuels et, en son sein, se suffisent à eux-mêmes. En feuilletant cet ouvrage, malgré toutes nos tentatives de “parler” de ses œuvres, ce qui impressionne le plus est précisément l’indicible : une mystérieuse capacité à procurer de la “beauté”, ce mot si galvaudé par l’intellect et pourtant si indispensable pour l’esprit. Texte complet


“Toward an Integral Practice of Architecture” (© 2014 Birkhäuser Verlag GmbH, Basel)

In the course of these essays we have reflected on a series of changes that are transforming the discipline of architecture in a significant manner. What are the questions suggested by these reflections? Is architecture yielding to a process of mutation that will lead to something new and perhaps better, which we must comprehend and to which we must adapt? Or are we living through a time of decadence that could incite more radical reactions and give rise to cultural changes more profound than the ones we imagine? And what should be our attitude toward all of this? (...) Texte complet disponible actuellement en anglais


“The SwissTech Convention Center” (© 2014 Editions Favre SA, Lausanne - Paris)

L’architecture ambitionne depuis toujours de concilier l’expression des besoins esthétiques et fonctionnels et son impact dans un environnement donné. C’est là toute la réussite du projet conçu par les architectes Richter Dahl Rocha & Associés. Notre centre de congrès académique rêvé se devait d’être doté d’une capacité optimale pour attirer les grands congrès scientifiques. Il devait réunir des conditions de modularité, de confort et de technicité à même de nous positionner sur la carte des alternatives aux grands sites urbains américains, européens ou asiatiques. Enfin, et parce que cet argument devait lui conférer une position assez unique, il devait se greffer sur un large campus universitaire pour y susciter une dynamique événementielle nouvelle. 
C’est chose faite et plus encore. En quelques mois seulement le SwissTech Convention Center est devenu une icône, un emblème, un lieu d’inspiration du Campus au même titre que le Rolex Learning Center au début des années 2010. L’ensemble cohérent qu’il forme avec les logements d’étudiants, le service hôtelier et le centre de commerces et de services des Arcades a permis de déplacer le centre de gravité de notre site académique. Les participants à nos congrès, expositions, forums, repartent comblés, surpris et étonnés par ce mécano géant. (...) Texte complet

 

La soeur cadette par Ignacio Dahl Rocha in Catherine Bolle "Les ateliers contigus" (Benteli Verlags AG, 2011)

(...) Pour nous architectes, ce travail en commun nous apprend à récupérer l’acuité d’une sensibilité esthétique que les exigences de notre profession pourraient éroder. Elle nous apprend également à reconnaître et à accepter la valeur de l’ineffable dans le processus créatif, à jouir des moments de solitude et d’angoisse devant des décisions esthétiques sans se réfugier dans la rationalité et l’objectivité de la technique, à créer sans vouloir se justifier. (...) Texte complet

 

On Tact. Some Thoughts on the Architecture of Richter & Dahl Rocha par Jorge Francisco Liernur in "The Architecture of Richter & Dahl Rocha” (Birkhäuser, 2007)

(...) L’œuvre de RDR n’est pas étrangère aux exigences du monde contemporain, monde désormais si éloigné de celui qui demandait des utopies aux architectes modernistes du siècle passé. Mais l’intérêt de cette œuvre réside dans le fait que ses auteurs s’imposent la tâche quasi impossible de continuer à explorer les possibilités d’un système de représentation très ancien dont les moyens se résument aux composantes de base de l’habitat humain.(...) Texte complet

 

Introduction bis par Jacques Gubler in Richter et Dahl Rocha, architectes 1990-1996 (Lausanne: Editions RDR, 1997)

(...) D’un côté, le refus du discours personnel de l’architecte, l’apologie de la seule présence physique de l’œuvre. Cette présence serait si forte dans son évidence phénoménologique que l’architecture deviendrait « normale » et imperceptible. Une telle position se heurte aux difficultés de la matérialisation. Comment bâtir et rejeter l’image ? Ce qui est ordinaire devrait échapper à tout spectacle, à tout montage, à tout geste expressif, et l’anonymat de la typologie répondre à la nécessité sociale d’une architecture économe de ses moyens et savante par ses restrictions. Cet idéal postule que la forme s’efface au profit du seul usage. Moralement et physiquement, l’architecte cherche à incorporer au projet la stratégie technique du « développement durable ». (...) Texte complet



Cet impossible silence
par Jacques Richter & Ignacio Dahl Rocha in Richter et Dahl Rocha, architectes 1990-1996 (Lausanne: Editions RDR, 1997)

(...) L’idée d’avant-garde, de dépassement continu, n’a-t-elle pas comme corollaire l’idée d’obsolescence permanente ? Est-elle compatible avec la vocation du bâti en tant que produit culturel destiné à transcender et à relier dans le temps les générations successives ? La nouveauté, plus qu’une attitude à priori, ne devrait-elle pas être le résultat d’une activité critique, créative et responsable, qui admettrait la possibilité de son refus ? (...) Texte complet